Archives de Catégorie: Général

Petit bilan 2018

J’avoue que je peine à prendre du recul sur une année rôliste qui fut aussi intense qu’instable, aussi riche qu’épuisante. Si 2017 c’était l’éblouissement personnel et la montée en puissance, on ne va pas se mentir mon 2018 rôliste ressemble plutôt à la consolidation d’une addiction.

Sans fard, les chiffres qui font flipper

En 2018, j’ai joué 103 parties et à 46 jeux différents. Soit à peine plus que l’année dernière et bien moins que Côme Martin, mais c’est encore trop pour l’énergie que je peux fournir.

La moitié de mes parties a eu lieu en ligne, l’autre moitié IRL. Mais cette parité dissimule le fait que maintenant je joue mes parties régulières plutôt en ligne, et je me fais des boulimies de jeu IRL sur quelques gros week-ends où le shoot remplace quasiment sommeil et repas pendant trois jours. Mention spéciale au Gîte Millevaux, à l’UdoCon et la Cômicon.

Note pour mon moi de 2019 : Eugénie tu te calmes, tu vieillis et tu sais que tu as du mal à t’en remettre.

J’ai joué très peu en campagne cette année : un tiers de me parties seulement, et surtout des mini-campagnes (4 épisodes) ou des fins de campagne de 2017. Ce qui laisse une belle place dans mon cœur pour une fabuleuse campagne de Night Witches qui m’a habitée un certain temps.

En parallèle, la moitié de mes parties étaient des playtests ou des jeux non publiés, ou encore des expériences uniques, bouleversantes et non-reproductibles estampillées Mafia Esthétique (Qui a volé le titre, InflorItras en performance, Dungeon and Dragonflies : on joue une partie OSR mais en fait c’est un Dragonfly motel). Je crois que c’est assez symptomatique de mon 2018 rôliste, qui a fait la part belle à l’expérimentation.

Le jeu en one-shot auquel j’ai le plus joué cette année, c’est La Clé des nuages de kF avec 9 sessions, juste devant Inflorenza (ce qui n’est pas peu dire). C’est un peu mon jeu coup-de-foudre de l’année, un jeu à deux, poétique et symbolique, dont je te reparlerai plus longuement tout bientôt.

J’ai aussi joué avec 83 personnes cette année, encore un peu plus que l’année dernière :

  • dont seulement 25 joueuses féminines, ce qui est toujours bien loin de la parité…
  • dont toujours une vingtaine de personnes avec qui je joue plutôt régulièrement ;
  • dont 39 personnes avec qui je jouais pour la première fois cette année.

Ce que ne disent pas les chiffres, c’est que mon groupe de jeu parisien s’est plus ou moins dissout pour cause d’agendas peu compatibles cette année, et que si j’ai beaucoup joué avec les mêmes personnes, c’était souvent dans des configurations différentes à chaque fois.

Raison garder

En dehors des parties, j’ai eu l’impression de bien lever le pied et me montrer hyper raisonnable… mais il en reste encore qui dépasse.

Par ici, seulement 11 billets de blog, c’est pas la gloire. D’autant que cette année, j’ai fini de basculer vers la théorie pure, loin de mes bricolages les-deux-mains-dans-le-cambouis. La faute à mes mauvaises fréquentations et mon côté influençable. Mais même très ralenti, ce blog vit toujours trois ans et demi après son ouverture et c’est pas rien.

Côté technique, j’ai animé 7 ateliers rôlistes en club et conventions : La Boîte à Chimères (Paris), Eclipse (Rennes), Orc’Idée (Lausanne) et aux Utopiales (Nantes). Énorme gratitude pour toutes les personnes qui ont participé et pour les orgas qui m’ont laissée officier. J’espère pouvoir continuer et en proposer de nouveaux en 2019. En ligne de mire, Jouer haut/jouer bas pour jouer des relations asymétriques et Jouer poétique pour… jouer poétique.

Et puis quelques interventions ici et là :

  • S’entraîner à jouer qui est paru en tout début d’année chez Ludologies : la rencontre avec Fanny et Selene m’avait totalement éblouie, mais à parution, j’avoue ne pas avoir assumé le résultat. Aujourd’hui je me dis que fuck, les personnes qui me connaissent savent bien que mes parties ne sont pas des camps de rééducation par le travail. Les autres penseront ce qu’elles veulent.
  • Une table ronde interactive aux Utopiales sur le thème Jouer sans meneur en compagnie de Manuel Bedouet, Julien Pouard et Thomas Munier, animée par Adrien Toulon et captée par Magister Phantom (merci à eux et au public participant).

Et le nouvel exercice qui me prend un temps monstre mais qui me passionne, c’est la relecture de jeux pour les copains. Les deux mains dans un autre genre de cambouis, au fond, celui du polissage d’un texte.

Et avec un peu de recul…

Le fil rouge de mon 2018 rôliste,ça a été la communauté des Courants Alternatifs. Avec des hauts et des bas assez intenses en ce qui me concerne. Du drama (beaucoup trop), des aigreurs et agacements profonds, du love et des enthousiasmes foufous. Un stand de vente de jeux qui se matérialise régulièrement en convention, des discussions théoriques pointues, une ébullition de créativité tous supports.

2018 c’est aussi l’année des choses laissées en plan. Des personnes avec qui je joue moins malgré mes envies, des projets et des collaborations placés en cryogénie, des monceaux de brouillons inaboutis. Je regrette particulièrement de ne pas avoir poursuivi la collection de portraits pour Et pourtant elles jouent, malgré une liste de personnes hyper intéressantes à interviewer (liste qui n’en finit pas de s’allonger).

En 2019, je me dis que je pourrais jouer un peu moins et bosser un peu plus…

En attendant, je te souhaite tout le jeu, le rêve et la bricole pour l’année à venir, et merci à toi de continuer de passer par ici alors que ça rouille un peu sur les bords. Des coeurs avec les doigts. Plein.

 

crédit photo : Jennifer Pallian on Unsplash
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De ma pudeur 2

Il y a des parties qui m’ont récemment fait prendre conscience que l’amour-des-romances n’est pas la relation au-dessus de toutes les autres, et qu’il y a d’autres attachements qui peuvent se révéler plus forts et plus intenses (oui bon, chacun son rythme pour découvrir la vie).

Ces parties m’ont fait réaliser que ce n’est pas la question de savoir jouer ça ou pas encore, mais de savoir ce qui me touche le plus profond et comment. En ce qui me concerne, je crois que l’intensité passe notamment par la pudeur. Ce que je traduirais par embrasser ce qui n’est pas dit, ne pas en attendre autre chose et maintenir le voile sur ce qui n’est pas montré. Lire la suite


De ma pudeur 1

En Narrativo-veganie, le fait de parler de sexe ou de désir ou d’amour à la table, c’est un peu une preuve de maturité. Que ce soit dans les échanges ou les appréciations sur les jeux, les pratiques, les podcasts, il y a une certaine valorisation de l’intimité, du fait de jouer des relations amoureuses ou sexuelles. Les jeux à deux ont la cote, les jeux sur les émois adolescents je t’en parle pas, les codes de la romance c’est le kiff, et les scènes de sesque c’est tout-à-fait adulte.

Je trouve certaines explorations fascinantes même si je passe au large. Que ce soit les jalons posés par des GNIstes de l’extrême qui osent se rouler des pelles en vrai (Love is all ) ou jouer nu.es dans un lit (La cigarette après l’amour) ou le transgressif assumé du côté de notre scène punk rôliste (Coelacanthe ou Chevalerie&Sodomie).

Mais je constate un certain décalage entre la promesse d’explorer les possibles dans ces parties que je ne jouerai jamais, et la façon dont on se retrouve souvent à aborder les relations, l’amour, le désir dans mes parties à moi. Lire la suite


2017, le petit bilan d’Eugénie

J’ai joué ma dernière partie de l’année, et elle était formidable. Du coup, j’en profite pour regarder un peu en arrière et faire le point, comme tout le monde à la même période, j’imagine. 2017 a été carrément dense, niveau JDR.

D’ailleurs, l’année dernière, je disais un peu rapidement : « Franchement, mon 2016 rôliste mettait la barre assez haut mais ce 2017 a les moyens de l’exploser ! »

Et ben devine quoi ? En fait, j’avais pas tort.
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A propos de réalisme

La guerre n'a pas un visage de femme

 

Quand, pour la première fois dans l’Histoire, des femmes apparaissent-elles dans une armée ?

– Dès le IVè siècle avant notre ère, à Athènes et à Sparte, des femmes combattaient dans les troupes grecques. Plus tard, elles ont participé aux campagnes d’Alexandre de Macédoine.

– Et à l’époque moderne ?

– Le premier pays à enrôler à été l’Angleterre… Entre 1560 et 1650, des hôpitaux ont commencé d’être créés dans lesquels servaient des femmes soldats. Et durant la Première Guerre Mondiale, on acceptait déjà des femmes dans la Royal Air Force ; les Britanniques avaient en outre formé un Corps royal auxiliaire et une légion féminine de transport automobile – le tout représentant un effectif de 100 000 personnes.

– Comment s’est développée la féminisation de l’armée pendant la Seconde Guerre Mondiale – la guerre la plus terrible du XXe siècle ?

– Durant ces années-là, le monde a été témoin de l’amplification du phénomène. On a vu des femmes servir dans les différents corps de l’armée, et cela dans de nombreux pays – dans l’armée britannique elles étaient 225 000, dans l’armée américaine, de 450 000 à 500 000, en Allemagne, près de 500 000.

Dans l’armée soviétique, près d’un million de femmes ont servi dans les différentes armes. Il y avait parmi elles des tireurs d’élite, des pilotes d’avion, des conducteurs-mécaniciens de chars lourds, des mitrailleurs…

Conversation avec un historien

 

C’est la première page de La guerre n’a pas un visage de femme, de Svetlana Alexievitch.

Et les pages suivantes sont à lire aussi.

Pour avoir une idée de la place de des femmes dans l’armée soviétique pendant la 2nde Guerre Mondiale, sur le front de l’Est. Les jeunes filles qui ont assiégé les bureaux de recrutement pour s’engager. Les femmes qui ont refusé de rester cuisinières ou blanchisseuses parce qu’elles voulaient prendre un fusil. Celles qui étaient consumées par les haine des nazis et qui voulaient tuer, et celles qui ne supportaient pas la mort. Celles qui couraient sous les bombes pour ramener les blessés vers l’arrière, des hommes plus lourds qu’elles. Et d’autres encore.


Un coup d’oeil dans le rétro

C’est l’heure du bilan !

Looking Back

C’est la période qui veut ça. Mais bon, je n’ai pas accès aux requêtes chelous qui ont débouché sur le blog, donc c’est pas encore cette fois qu’on va se marrer…

Par contre, en faisant le bilan, j’ai réalisé que j’allais devoir changer ma présentation sur la page d’accueil, parce qu’en un an les conditions dans lesquelles je joue ont radicalement changé : je joue beaucoup plus, à plus de jeux (beaucoup d’indé et quelques playtests, assez peu de mainstream finalement, le ratio s’est inversé), je joue aujourd’hui autant sur hangout qu’IRL, et je croise au final pas mal de joueurs (trop peu de joueuses), même si je ne joue régulièrement qu’avec toujours un peu les mêmes.

Nous avons la chance, sur Paris et dans mes cercles virtuels, d’avoir constitué un gros pool de joueurs et joueuses formidables, et ça c’est un peu la mega frime de 2016. Même si je reste une petite joueuse côté chiffres par rapport à certains foufous de l’Auberge Virtuelle (suivez mon regard).

En 2016, on peut aussi considérer que j’ai pris un niveau : de « jeune conne du JDR » je suis passée à « connasse avec un melon de la taille d’une pastèque » et je crois que c’est un grand pas en avant dans mon parcours rôliste.

Ah oui, parce que c’est la nouveauté, j’ai arrêté de dire que je n’étais pas rôliste non plus. Je me suis soudain sentie carrément rôliste quand j’ai été plongée dans un environnement de GNistes. Le déclic par esprit de contradiction, quoi.

Et 2016, ce fut aussi et surtout des échanges passionnants avec des gens super chouettes, que ce soit en parties, autour d’un verre ou par écrit. C’est difficilement quantifiable, et je vais devoir m’excuser platement auprès de ceux dont j’aurai omis les noms, mais je fais des coeurs avec les doigts pour Thomas Munier, Vivien Féasson, Julien Epiphanie, Julien d’Altaride, Steve J, Côme, Guylène, mass, Gherdhardt Sildoenfein, Thomas B., et toute la clique d’Itras By (represent !)…

 

Et hop, sans transition les chiffres, les faits :

75 parties : réparties en environ moitié-moitié hangout/IRL ; courte campagne/one-shot ;

35 jeux différents : dont deux petits GN (Old friends et En direct de Pongyang), mes premiers GN !

40 joueurs différents : dont seulement 3 joueuses… mais pour la première fois, j’ai pu jouer une partie où nous fûmes en surnombre, 3 filles pour 2 mecs, un genre de fantasme pour la jeune Eugénie qui a très souvent été la seule fille à la table ;

15 billets de blog : il y a du relâchement dans le laisser-aller, l’année dernière c’était 35 (on me souffle qu’en plus un billet sur deux sert à faire de la pub ou m’excuser de pas poster, et que c’est pas glorieux) (bonjour l’ambiance) ;

4 Gymnases dans Casus Belli (et un de plus dans le prochain numéro à paraître) ;

1 petit article dans Di6dent co-écrit avec Khelren ;

4 apparitions chez Les Voix d’Altaride, comme co-invitée pour les Hors Série Atomistique avec Thomas Munier, ou même carrément comme invitée moi-même toute seule (!) sur un podcast Anarchie en Jidérie ;

4 rencontres Jeu de rôle et Littérature à la Librairie Charybde, sous forme d’enregistrements en public de podcasts et d’interviews d’invités (3 sessions avec les Voix d’Altaride et 1 session avec Radio Rôliste)

 

Bon et 2017 dans tout ça ?

Ben ça démarre sur les chapeaux de roues. Plein de parties, plein de projets, plein de rencontres à venir. En vrac :

– le gros morceau : on a tout juste lancé une campagne de Burning Wheel qu’on voudrait tenir sur une quinzaine de sessions (3h30 pour une création de personnage, Eugénie découvre le vrai JDR, celui qu’est pas pour les pleutres, et ben tu sais quoi ? j’ai même pas pleuré !) ;

– je vais maîtriser une partie de Smallville (QUOI ? HEIN ? Mais… Eugénie ??) dans une campagne à MJ tournant où j’étais la dernière à n’avoir pas fait ma part ;

– je participe à mettre en place un chouette coup de projo sur la parole des filles et femmes dans le JDR aux côtés de Guylène, Côme, Cédric et Sildoenfein : pour l’instant c’est juste une pièce vide avec du papier peint, mais ça devrait se remplir bientôt, je t’en reparlerai parce que c’est un projet qui me tient à coeur ;

– je suis invitée à Orc’Idée en février, et c’est autant grave la frime que total le stress, malgré un accueil qui s’annonce adorable ;

– et pas dans mes projets personnels mais dans ceux que je suis avec grand intérêt, il y a la renaissance à venir pour les Ateliers imaginaires (car l’actuel forum fermera bientôt ses portes), de très chouettes bourgeons devraient éclore de ce côté-là…

Franchement, mon 2016 rôliste mettait la barre assez haut mais ce 2017 a les moyens de l’exploser !

 

crédit photo : Susanne Nilsson (CC BY-SA 2.0)


Des nouvelles d’Eugénie

Greenhouse Entrance

 

Bon. Ça fait deux mois que le blog est en friche, je le reconnais. Genre, je peux pas tricher, ça commence à carrément se voir. Les orties ont dévoré la pelouse et je te raconte pas la couleur de l’eau dans le bassin. Je ne veux pas avoir l’air de pipoter, mais j’ai un paquet de notes qui n’attendent qu’un moment d’énervement pour se mettre en ordre… Sauf qu’en ce moment rien ne m’agace. Donc, ami lecteur amie lectrice, si tu veux du jus, vazy agace-moi je t’attends.

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Jouer avec du gravier

broken bottle
Je me présente moi-même par ici comme quelqu’un de sensible, plutôt timide et relativement fragile à une table. Mais je ne cache pas non plus que j’aime l’intensité en jeu, notamment quand ça picote.

J’ai découvert que ma nouvelle table sur hangout, avec laquelle je joue mon premier Apocalypse World (parce que oui, la jeune Eugénie part à la découverte du monde, attention les yeux) a défrayé la chronique sur Casus No à cause du niveau de violence et d’amoralité de nos personnages. Lire la suite


Le mythe de l’autorité

© Patrick Imbert

© Patrick Imbert

J’aimerais faire une petite pause dans mon programme hyper calibré des sujets à aborder pour revenir sur les raisons qui m’ont poussée à ouvrir ce blog. Et chacun trouvant le back-up où il le peut, je vais m’appuyer largement sur les réflexions que Léo Henry a exposées cet hiver à la librairie Charybde où il était en résidence d’auteur.

Ce fut une très chouette série de six rencontres, dont voici deux grands moments de défrichage théorique et d’échanges, captés en vidéo :
la rencontre du 16 janvier 2015
la rencontre du 13 février 2015 Lire la suite


Du jdr comme pratique

Je ne suis pas MJ mais…

… moi aussi je joue ma partie une à deux fois par semaine.

D’où elle parle

Je suis techniquement une jeune conne du jdr. Lire la suite