Mon exigence comme résistance

kF et moi avions évoqué mon exigence comme une résistance dans les premiers billets du jeu en performance, comme un ingrédient à ajouter à la définition initiale.

Il se trouve que cette notion est revenue plus récemment dans deux podcasts de La Cellule, notamment, l’un consacré à La Clé des Nuages (je t’ai dit que j’adorais ce jeu ? je te l’ai dit ou pas ?) et l’autre consacré totalement au JEP.

Au passage, je trouve hyper intéressant d’entendre nos théories nous revenir en écho, avec une jolie curiosité et une vraie prévenance de la part des intervenants envers un paradigme auquel ils n’adhèrent pas personnellement. Merci à eux pour ce ping-pong qui m’est extrêmement fertile et qui me donne l’occasion de repréciser certains points sur lesquels nous étions peut-être passés un peu rapidement.

Entre autres, cette question d’exigence et de résistance.

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Des ateliers à LudiNord

 

Après la très chouette convention Eclipse à Rennes, dont j’ai fait un bref compte-rendu par ici, me voilà en goguette à Mons-En-Barœul les 30 et 31 mars à l’invitation du festival LudiNord. Les orgas ont l’air rôdés et adorables, le week-end s’annonce sur-sympathique.

Bref je sais pas toi, mais moi j’y serai !

 

Atelier Présenter son personnage

Samedi 30 mars de 15h à 18h

Lieu : Fort de Mons (Auditoire) – pour 6 à 12 personnes sur inscription

Nous sommes assez rarement invités à réfléchir à la façon dont nous présentons nos personnages – que ce soit avant la partie ou en jeu – alors que c’est très souvent un passage obligé.

L’atelier propose différentes mises en situation pour intégrer cette présentation dans la partie, pour s’amuser avec et pour tenter des choses qu’on n’ose pas forcément d’habitude : faire présenter son personnage par un Monsieur Loyal, jouer un générique de film ou décrire son personnage en terme de sensations, etc.

Ceci n’est pas une conférence, ici on pratique. C’est l’occasion de goûter à différents types de personnages, différents styles de jeux et différentes techniques, qu’on soit joueur ou joueuse, MJ, vétéran ou vétérante, débutant ou débutante !

Réservations par ici

 

Conférence-débat : Alors c’est quoi un bon joueur ?

Samedi 30 mars de 20h à 22h

Lieu : Maison des Associations

Intervenants : Sébastien Delfino, Bastien ‘Acritarche’ Wauthoz, Nicolas ‘Snorri’ Desseaux… et moi-même.

J’avoue qu’après avoir cassé les pieds des gens pour pouvoir aborder la question sans me faire repousser dans les cordes de l’élitisme, je suis très curieuse et impatiente de voir ce qu’on peut avoir comme échanges autour de ça.

 

Atelier Jouer l’impact

Dimanche 31 mars de 11h à 14h

Lieu : Fort de Mons (Auditoire) – pour 6 à 12 participants, sur inscription

Jouer l’impact est une technique rôliste pour donner de l’importance à ce qui se joue.

L’aspect théorique durera 5 min, ensuite place à la pratique ! L’atelier propose une succession d’exercices sympas pour essayer différents types de réactions de nos personnages à leur environnement, dans des situations variées (combat, drama, exploration, etc.).

C’est l’occasion de tenter des choses que l’on n’ose pas d’habitude en partie, de croiser nos pratiques et de s’inspirer des autres pour se renouveler, qu’on soit joueur ou joueuse, MJ, vétéran ou vétérante, débutant ou débutante !

Réservations par là

 

A très vite !


Des ateliers à Eclipse

 

Dans un passage aussi vif que fugace, je t’annonce avec enthousiasme qu’il y aura des ateliers rôlistes à la convention Eclipse ! Si tu traînes du côté de Rennes les 8-9-10 mars, tu sais quoi faire (les listes parties sont à retrouver par ici).

 

Créneau du samedi 13h-16h – 12 places

Jouer haut / jouer bas par Eugénie

(un nouvel atelier tout fraîchement testé par des rôlistes de La Boîte à Chimères qui sont formidables)

Comment mettre en scène les différences de statut au sein d’un groupe de PJ sans casser l’ambiance, sans casser le groupe et sans casser son perso ?

L’atelier consiste à jouer différentes situations déséquilibrées pour trouver ensemble comment s’amuser avec ce genre de rapports : un paladin au charisme fou et son entourage influençable, une capitaine parmi la troupe ou des mercenaires qui en ont marre de leur commanditaire.

C’est l’occasion de tenter des choses que l’on n’ose pas d’habitude en partie, de croiser nos pratiques et de s’inspirer des autres pour se renouveler, qu’on soit joueur ou joueuse, MJ, vétéran ou vétérante, débutant ou débutante !

 

Créneau du samedi 21h-00h – 4 places

Prendre le pouvoir ! par Felondra

Je vous propose un atelier rôliste, dans la lignée de ce qu’Eugénie propose déjà depuis deux ans ici. Il ne s’agit donc pas d’une partie « classique » mais d’un ensemble de petites « scènes de JdR » qu’on jouera ensemble pour explorer des compétences rôlistes.

Dans le cadre de cet atelier, on verra comment prendre le pouvoir sur la narration : transgresser les règles tacites à table, mettre son grain de sel où on ne vous attend pas, … tout en jouant avec les autres et sans se les mettre à dos.

J’ouvre à 4 personnes car vous formerez une table qui traversera différents exercices, recommencera en variant les situations, pour tenter d’approfondir les compétences rôlistes qu’on travaillera ensemble.

 

J’en profite pour signaler que le stand des Courants alternatifs se matérialisera sur la convention du vendredi au dimanche, avec tout un tas de chouettes jeux dessus et de chouettes gens autour. C’est l’occasion de feuilleter et d’échanger et puis de se laisser tenter !

Et pour avoir une idée des jeux qui seront proposés (attention tout n’y sera pas forcément, pour cause de manque de place), c’est par là.

 

A très vite !

 

crédits photo : Slimdandy (CC BY-SA 2.0)


Performance unilatérale

Quand nous avons posé les bases du Jeu en performance avec kF, nous avons commencé par une définition large, qui englobait des pratiques assez différentes, mais réunies par cette ligne directrice : jouer sa partie comme une performance artistique, c’est-à-dire une œuvre éphémère où ce qui importe c’est l’action de jouer en mouvement.

Dans un 2e billet, nous avons évoqué au moins deux dispositifs pertinents de JEP :

  • la performance en vibration où toutes les joueuses sont en performance
  • la performance unilatérale où on a un MJ-performer et des joueuses-participantes

Nous avons développé la performance en vibration, parce que c’est au coeur de notre pratique à nous et nos explorations actuelles. Ce qui peut laisser à penser au public non-averti que le JEP c’est un truc underground avant-gardiste foufou où on tripe sur le pourcentage de silence dans les parties… Sauf que non non ça c’est juste nous.

Au fond, la dimension la plus courante du JEP en Jidérie, c’est à mon avis cette performance unilatérale, où un seul joueur joue en performance en direction des autres. Et soudain, la clarté : le JEP mainstream est un jeu de MJ.

Et donc, contre tout attente, 2019 commence par un billet à propos de MJ et du dispositif classique… T’as le droit de me dire que j’ai changé.

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Petit bilan 2018

J’avoue que je peine à prendre du recul sur une année rôliste qui fut aussi intense qu’instable, aussi riche qu’épuisante. Si 2017 c’était l’éblouissement personnel et la montée en puissance, on ne va pas se mentir mon 2018 rôliste ressemble plutôt à la consolidation d’une addiction.

Sans fard, les chiffres qui font flipper

En 2018, j’ai joué 103 parties et à 46 jeux différents. Soit à peine plus que l’année dernière et bien moins que Côme Martin, mais c’est encore trop pour l’énergie que je peux fournir.

La moitié de mes parties a eu lieu en ligne, l’autre moitié IRL. Mais cette parité dissimule le fait que maintenant je joue mes parties régulières plutôt en ligne, et je me fais des boulimies de jeu IRL sur quelques gros week-ends où le shoot remplace quasiment sommeil et repas pendant trois jours. Mention spéciale au Gîte Millevaux, à l’UdoCon et la Cômicon.

Note pour mon moi de 2019 : Eugénie tu te calmes, tu vieillis et tu sais que tu as du mal à t’en remettre.

J’ai joué très peu en campagne cette année : un tiers de me parties seulement, et surtout des mini-campagnes (4 épisodes) ou des fins de campagne de 2017. Ce qui laisse une belle place dans mon cœur pour une fabuleuse campagne de Night Witches qui m’a habitée un certain temps.

En parallèle, la moitié de mes parties étaient des playtests ou des jeux non publiés, ou encore des expériences uniques, bouleversantes et non-reproductibles estampillées Mafia Esthétique (Qui a volé le titre, InflorItras en performance, Dungeon and Dragonflies : on joue une partie OSR mais en fait c’est un Dragonfly motel). Je crois que c’est assez symptomatique de mon 2018 rôliste, qui a fait la part belle à l’expérimentation.

Le jeu en one-shot auquel j’ai le plus joué cette année, c’est La Clé des nuages de kF avec 9 sessions, juste devant Inflorenza (ce qui n’est pas peu dire). C’est un peu mon jeu coup-de-foudre de l’année, un jeu à deux, poétique et symbolique, dont je te reparlerai plus longuement tout bientôt.

J’ai aussi joué avec 83 personnes cette année, encore un peu plus que l’année dernière :

  • dont seulement 25 joueuses féminines, ce qui est toujours bien loin de la parité…
  • dont toujours une vingtaine de personnes avec qui je joue plutôt régulièrement ;
  • dont 39 personnes avec qui je jouais pour la première fois cette année.

Ce que ne disent pas les chiffres, c’est que mon groupe de jeu parisien s’est plus ou moins dissout pour cause d’agendas peu compatibles cette année, et que si j’ai beaucoup joué avec les mêmes personnes, c’était souvent dans des configurations différentes à chaque fois.

Raison garder

En dehors des parties, j’ai eu l’impression de bien lever le pied et me montrer hyper raisonnable… mais il en reste encore qui dépasse.

Par ici, seulement 11 billets de blog, c’est pas la gloire. D’autant que cette année, j’ai fini de basculer vers la théorie pure, loin de mes bricolages les-deux-mains-dans-le-cambouis. La faute à mes mauvaises fréquentations et mon côté influençable. Mais même très ralenti, ce blog vit toujours trois ans et demi après son ouverture et c’est pas rien.

Côté technique, j’ai animé 7 ateliers rôlistes en club et conventions : La Boîte à Chimères (Paris), Eclipse (Rennes), Orc’Idée (Lausanne) et aux Utopiales (Nantes). Énorme gratitude pour toutes les personnes qui ont participé et pour les orgas qui m’ont laissée officier. J’espère pouvoir continuer et en proposer de nouveaux en 2019. En ligne de mire, Jouer haut/jouer bas pour jouer des relations asymétriques et Jouer poétique pour… jouer poétique.

Et puis quelques interventions ici et là :

  • S’entraîner à jouer qui est paru en tout début d’année chez Ludologies : la rencontre avec Fanny et Selene m’avait totalement éblouie, mais à parution, j’avoue ne pas avoir assumé le résultat. Aujourd’hui je me dis que fuck, les personnes qui me connaissent savent bien que mes parties ne sont pas des camps de rééducation par le travail. Les autres penseront ce qu’elles veulent.
  • Une table ronde interactive aux Utopiales sur le thème Jouer sans meneur en compagnie de Manuel Bedouet, Julien Pouard et Thomas Munier, animée par Adrien Toulon et captée par Magister Phantom (merci à eux et au public participant).

Et le nouvel exercice qui me prend un temps monstre mais qui me passionne, c’est la relecture de jeux pour les copains. Les deux mains dans un autre genre de cambouis, au fond, celui du polissage d’un texte.

Et avec un peu de recul…

Le fil rouge de mon 2018 rôliste,ça a été la communauté des Courants Alternatifs. Avec des hauts et des bas assez intenses en ce qui me concerne. Du drama (beaucoup trop), des aigreurs et agacements profonds, du love et des enthousiasmes foufous. Un stand de vente de jeux qui se matérialise régulièrement en convention, des discussions théoriques pointues, une ébullition de créativité tous supports.

2018 c’est aussi l’année des choses laissées en plan. Des personnes avec qui je joue moins malgré mes envies, des projets et des collaborations placés en cryogénie, des monceaux de brouillons inaboutis. Je regrette particulièrement de ne pas avoir poursuivi la collection de portraits pour Et pourtant elles jouent, malgré une liste de personnes hyper intéressantes à interviewer (liste qui n’en finit pas de s’allonger).

En 2019, je me dis que je pourrais jouer un peu moins et bosser un peu plus…

En attendant, je te souhaite tout le jeu, le rêve et la bricole pour l’année à venir, et merci à toi de continuer de passer par ici alors que ça rouille un peu sur les bords. Des coeurs avec les doigts. Plein.

 

crédit photo : Jennifer Pallian on Unsplash

De ma pudeur 2

Il y a des parties qui m’ont récemment fait prendre conscience que l’amour-des-romances n’est pas la relation au-dessus de toutes les autres, et qu’il y a d’autres attachements qui peuvent se révéler plus forts et plus intenses (oui bon, chacun son rythme pour découvrir la vie).

Ces parties m’ont fait réaliser que ce n’est pas la question de savoir jouer ça ou pas encore, mais de savoir ce qui me touche le plus profond et comment. En ce qui me concerne, je crois que l’intensité passe notamment par la pudeur. Ce que je traduirais par embrasser ce qui n’est pas dit, ne pas en attendre autre chose et maintenir le voile sur ce qui n’est pas montré. Lire la suite


De ma pudeur 1

En Narrativo-veganie, le fait de parler de sexe ou de désir ou d’amour à la table, c’est un peu une preuve de maturité. Que ce soit dans les échanges ou les appréciations sur les jeux, les pratiques, les podcasts, il y a une certaine valorisation de l’intimité, du fait de jouer des relations amoureuses ou sexuelles. Les jeux à deux ont la cote, les jeux sur les émois adolescents je t’en parle pas, les codes de la romance c’est le kiff, et les scènes de sesque c’est tout-à-fait adulte.

Je trouve certaines explorations fascinantes même si je passe au large. Que ce soit les jalons posés par des GNIstes de l’extrême qui osent se rouler des pelles en vrai (Love is all ) ou jouer nu.es dans un lit (La cigarette après l’amour) ou le transgressif assumé du côté de notre scène punk rôliste (Coelacanthe ou Chevalerie&Sodomie).

Mais je constate un certain décalage entre la promesse d’explorer les possibles dans ces parties que je ne jouerai jamais, et la façon dont on se retrouve souvent à aborder les relations, l’amour, le désir dans mes parties à moi. Lire la suite


Utopiales, le petit programme d’Eugénie

Comme tous les ans, il y a les jours qui rétrécissent, les feuilles qui tombent, le changement d’heure et les Utopiales. Je profite d’un petit sursaut du blog pour te donner mon programme. Il y aura aussi plein de trucs et de personnes ultra-chouettes, mais limite trop… Lire la suite


Performance OSR

Je me suis rendu compte en discutant avec des vrais-qui-savent que l’étiquette OSR n’évoque pas la même chose pour moi et pour le reste de la Jidérie. Le coup de la nostalgie, l’archéologie du JDR, les références à D&D ou aux donjons des années 70, ça ne m’évoque rien. Mais rien du tout. Moi, je suis née au jeu de rôle dans les années 2010, je n’ai pas connu le JDR tactique, les pièges mesquins, les explorations dangereuses, les morts stupides, etc. Lire la suite


Le game-design dans le jeu en performance

 

Dans nos billets sur le jeu en performance, kF et moi avions formulé rapidement : Dans cette configuration, le game-design est un support, mais les joueuses ne sont pas tournées vers l’expérience qu’il procure pour elle-même, elles sont concentrées sur ce qu’elles produisent ensemble avec.

C’est le moment de revenir sur le sujet, avec une attitude pour une fois un peu plus mature que le game-design de toute façon ça sert à rien c’est pas intéressant (et c’est là qu’on voit que j’ai grandi). Lire la suite