Le style comme technique 2

où Eugénie se demande : comment j’enrichis mon répertoire de joueuse ?

concert

J’ai terminé le dernier billet à mi-parcours, sur un cliffhanger de fooolie à savoir : si mon style de joueuse est à ce point composé d’automatismes, comment je fais pour y apporter de nouveaux gestes rôlistes ou de nouvelles façons de les effectuer ? Bref, comment je peux enrichir mon répertoire de joueuse ?

Ça va être un peu la Spéciale Obvious Eugénie de fin d’année, je préfère prévenir.

 

1. Je ne change pas tout d’un coup

On parle beaucoup de sortir de sa zone de confort, mais j’ai l’impression qu’en réalité, on met souvent juste un pied en dehors, quand c’est le cas. Sans vouloir être désobligeante.

Si je m’embarque à vouloir jouer un aspect que je ne connais pas ou que je ne sais pas jouer (au hasard le cape et d’épée comme genre, la manipulatrice comme personnage, le vrai PvP, ou la combattivité, etc. etc. mes limites sont infinies), il y a plusieurs cas de figure qui vont fortement relativiser ma sortie de zone :

  • je ne fais pas attention à la contrainte et je joue exactement comme d’habitude ;
  • je vais automatiquement assurer la stabilité sur tous les autres aspects ;
  • je passe à côté de ma partie, avec une sensation d’échec.

Pour prendre un exemple, la première fois où j’ai quitté ma table du lundi pour aller découvrir le monde, qui était aussi ma première campagne d’Apocalypse World, qui était aussi ma 2e partie seulement sur hangout, et la première avec cette team de joueurs… bonjour l’aventure ! Ben j’ai blindé sur le registre habituel côté archétype de personnage, relations dans le groupe, obsessions personnelles thématiques, place à la table, etc.

Au contraire, si je me sens en terrain connu, je peux plus facilement m’essayer à un personnage ou une situation délibérément casse-gueule par rapport à mes limites.

Obvious Eugénie, j’avais prévenu hein.

 

2. Je joue sous contrainte

Pour moi, la contrainte consiste souvent à contrarier un automatisme. Je ne sais pas toujours si ça va être le cas quand on me propose une partie. Des fois, je m’y attends et je le recherche. Des fois c’est la surprise, et ça peut varier du désagréable au juste-momentanément-déstabilisant.

Contrarier un automatisme, ça peut être les habituels changements dans la fiction :

  • investir un univers ou un genre inhabituels : par exemple la première fois que j’ai proposé de jouer un Inflorenza ambiance Cape et d’épée, j’ai découvert en jeu que je ne maîtrisais absolument pas les codes du genre
  • choisir un pré-tiré ou un archétype ou un playbook que je n’ai encore jamais joués (ou que je ne sais pas encore jouer) : un Best MJ Number One de ma connaissance m’a mis entre les mains une « vraie gentille tendance femme battue », à moi qui ne jouais que des tanks… j’ai dû apprendre petit à petit à jouer n’importe quoi d’autre que l’opposition frontale, sous peine de morfler à chaque jet de dés ;
  • jouer avec une répartition différente de l’autorité : cf tous les jeux qui sortent du cadre tu-gères-ton-perso-le-MJ-s’occupe-du-reste…

Il me semble que ce sont les paramètres immédiats auxquels on pense quand on parle de sortir de sa zone de confort et de style de joueuse. Mais je peux aussi contrarier des automatismes de mon jeu de joueuse en changeant d’autres paramètres, qui sont au moins aussi importants (et peut-être même plus, en ce qui me concerne) et moins immédiatement assimilables à de l’exercice de style.

En changeant les canaux de communication autour de la table :

  • passer de la table IRL aux parties via hangout : la transition a été assez rude pour moi, j’ai réalisé que je m’appuyais énormément sur le non verbal et qu’il allait falloir apprendre à compenser cette perte-là, surtout en matière d’approbation ;
  • passer de la description rôliste à l’incarnation GNiste : par exemple sur Viewscream, un GN à jouer sur hangout, le canal « description hors dialogue » est naturellement coupé, il ne reste que l’incarnation de personnage devant la caméra et en audio pour apporter des éléments ;
  • couper la communication verbale pour le meta à Dragonfly Motel nous a obligés à mettre le paquet sur une pantomime silencieuse pour compenser. ;
  • etc. etc.

En changeant aussi la dynamique de la table, si je me retrouve dans un groupe où je ne trouve pas ma place habituelle :

  • un groupe qui attend de moi que je prenne la parole la première, par exemple, alors que c’est quelque chose que je ne fais jamais, que je n’aime pas faire, et où je suis mauvaise : que ce soit délibérément pour m’embêter (j’en connais) ou parce que je suis sensée le faire (comme à Pyongyang où j’ai choisi ce rôle-là sans faire gaffe) ;
  • un groupe où si je veux la parole, je dois aller la prendre, et faire de l’espace autour de moi (ce que je ne fais jamais, préférant rester en retrait et attendre qu’on m’invite) ;
  • un groupe où je me retrouve plus ou moins en lead ou en pilier alors que d’habitude je suis en retrait, et qui attend que j’occupe plus de place que ce que je fais habituellement ;
  • un groupe (ou un dispositif) où se couper la parole est toléré voire normal voire encouragé, ce qui est de l’ordre de la transgression pour moi (cf à Pyongyang, où Eugénie demande toutes les 5min, « ça va, j’ai pas été rude ? », tout en avouant avoir kiffé couper la parole à tout le monde sur le plateau de CNN dont elle jouait la présentatrice)
  • etc. etc.

En général (et là j’avoue un fonctionnement personnel, je ne sais pas si c’est le cas pour tout le monde) simplement contrarier un geste-réflexe ne suffit pas à me faire intégrer d’autres gestes ou d’autres façons de les faire. Encore faut-il que je trouve des pistes sur ce que je pourrais faire à la place, pour compenser, et arriver quand même à exprimer ce que je veux ou à trouver mon plaisir.

La plupart du temps, ces pistes me sont données explicitement ou implicitement par les autres joueuses autour de la table (meneuse comprise).

 

3. J’imite mes camarades

Pour reprendre l’exemple du passage IRL/hangout, des joueurs et MJ m’ont appris par exemple la grammaire des silences propre aux tables virtuelles, c’est-à-dire faire des pauses pour permettre aux autres d’intervenir, savoir se repérer en fonction de la longueur d’un silence ou au contraire de la rapidité des autres à enchaîner, etc. On en a parlé, j’ai pu y prêter attention, imiter les autres et m’y plier. Parallèlement, notre jeu IRL a été largement nourri en terme d’écoute et de non-pollution sonore par nos expériences sur hangout.

Mon imitation ne se réduit donc pas au roleplay, mais aussi à tous les aspects dont je parlais la dernière fois.

Par exemple, une utilisation des règles à laquelle je n’aurais pas pensé toute seule, comme à Libreté où un Best Gamer Number One de ma connaissance s’est délibérément amusé à faire piocher de la bile noire à toute la table, ce qui a été une leçon pour moi. Je n’aurais pas envisagé d’utiliser la bile noire comme ça sans son exemple et le fait qu’il l’ai verbalisé.

J’apprends beaucoup en imitant les autres joueuses, en me trouvant des joueurs.es-modèles et en jouant dans leur sillage. Voire en leur demandant carrément de l’aide, après la partie. Je n’apprends pas la même chose des uns et des autres, selon comment ils jouent ou l’approche qu’ils me transmettent, et c’est aussi ce qui me motive à parler de « style de joueuse ». Ma limite étant que je ne sais pas toujours dire ce qui m’attire dans leur jeu, ce que je voudrais imiter ou ce qui me fait défaut ; et qu’eux-mêmes ne savent pas forcément l’exprimer.

[J’en profite pour évoquer ce que j’adore dans mes ateliers ou stages d’improvisation et qui me manque en JDR : le regard d’un formateur. Un regard extérieur qui va pointer justement mes faiblesses ou mes automatismes et me proposer des pistes pour en sortir.]

 

4. J’ouvre des portes

Il y a des contraintes qui contrarient ou empêchent certains gestes-réflexes, et souvent (pas toujours) cela s’accompagne de nouveaux terrains à explorer, de nouveaux gestes à trouver, à inventer ou remodeler.

Pour reprendre l’exemple des canaux de communication, comment apporter des éléments en jeu, une visualisation de l’environnement et de l’intériorité si je n’ai pas droit à la description ? Réponse, je bosse mon incarnation de personnage, pour traduire ces éléments-là en creux dans mon roleplay, dans sa voix, ses attitudes, ses réactions. Pas facile. Carrément dur même, quand on n’a pas l’habitude et qu’on aime pourtant jouer sur des registres complexes, en terme d’intrigues ou d’émotion par exemple.

Et parfois, il s’agit d’aller plus loin, de s’amuser avec les nouvelles possibilités offertes par le jeu, les autres joueuses, le dispositif :

  • comment jouer avec le tchat hangout, une fois que j’ai réussi à apprivoiser le canal audio pour compenser la communication non-verbale ? Destination Mars, une partie jouée récemment quasiment sans règles, s’appuyait essentiellement sur ce canal de communication-là ;
  • comment jouer avec la bile noire quand j’ai intégré ce que signifie en piocher ? (cf exemple de Libreté plus haut)
  • comment pousser tous les curseurs du vertige logique, une fois qu’on maîtrise le « jeu en solipsisme » (© Thomas Munier) ?
  • etc. etc

 

5. Le déclic et l’effort

Que ce soit par la contrainte ou de nouveaux outils mis à ma disposition, un jeu, une table, un joueur-modèle ou un dispositif peut me procurer le déclic/la prise de conscience d’un automatisme, ou d’un curseur que je peux pousser plus loin, ou d’une possibilité de gestes que je n’imaginais pas en jeu (le classique « hey mais on peut faire ça ? »).

Et un jeu, une table, un joueur-modèle, un dispositif, peut me soutenir dans mes efforts pour me dégager de cet automatisme ou explorer ce terrain vague de mon jeu de joueuse. Je les envisage comme des exercices de style, des expériences qui me permettent de travailler un aspect précis qui ne me correspond pas ou ne m’attire pas au premier abord.

Mais je ne crois pas que l’exercice puisse se faire sans moi. Si je choisis un pré-tiré de manipulatrice par exemple (typiquement le genre de personnage que je ne sais pas jouer actuellement) : si je le fais sans réfléchir, je risque de l’adapter à mon jeu habituel, en atténuant quelques aspects et en me focalisant sur ceux que je sais jouer et bidoum… rien ne se passe pour mon style de joueuse. Ou si peu.

Comme on me l’a fait remarquer en commentaire, incarner et décrire un personnage c’est une chose, et je peux éventuellement donner le change à ce niveau-là, par contre, dans le type de décisions que je vais prendre en jeu, ça va être plus difficile de m’adapter.

Ou je risque de me retrouver en situation d’échec : ma façon de jouer ne convient pas à ce que j’ai choisi de faire, mais sans recul je ne comprends pas d’où vient le déplaisir ou l’amertume. « Sans recul ou sans aide », pour revenir au regard du formateur mentionné plus haut.

J’ai besoin de prendre conscience de ma limite, ou de ce que je ne sais pas encore faire, ou de ce vers quoi je veux tendre (le déclic). Et j’ai besoin de faire des efforts pour m’en dégager. Cela demande alors d’aborder la partie avec des attentes différentes, non pas pour voir ce que le jeu ou la table peuvent m’apporter en terme de plaisir immédiat ou d’expérience aboutie, mais en recherchant le plaisir de l’effort, pour savoir ce dont moi joueuse je suis capable sous contrainte.

Je parle beaucoup d’effort, d’exercice, de travail et de contrainte, mais c’est un plaisir aussi. Et un plaisir assez courant, si j’en crois le nombre de joueuses qui avouent chercher à sortir de leur zone de confort quand elles évoquent leurs parties. Et je précise que je ne joue pas comme ça tous les jours. Des fois, je veux jouer juste pour que mon style à moi puisse s’épanouir, pour profiter du plaisir de bien faire ce que je sais faire et ce que j’aime faire.

 

J’ai beaucoup parlé de faire évoluer mon style par la pratique, et zéro rien sur la théorie. Ce n’est pas un oubli. Je pense (peut-être à tort) que la théorie ne me sert à rien dans ce cas. Elle peut m’aider à affûter mon regard, nous aider à en parler entre joueuses pour diagnostiquer des automatismes ou se conseiller des pistes à explorer dans notre propre jeu… mais le jeu d’une joueuse ne s’aborde à mon avis qu’en pratique. Je ne crois pas qu’il y ait des règles à formaliser et à suivre, mais plutôt des grands principes à expérimenter, à ajuster à son jeu, à s’approprier, à faire mentir.

Car ce que j’expérimente en jeu pour voir (pour voir si je peux le faire, si je sais le faire, si j’aime le faire) j’en écarte une partie qui ne me convient pas, j’en garde une autre au fond de ma besace que je ne ressors que rarement, et il y a une partie que j’utilise plus volontiers, parce que ces gestes me procurent un plaisir plus immédiat, parce qu’ils me sont plus faciles, parce que je sais les jouer avec élégance.

Et je pense que ces préférences-là, c’est quelque part ma signature de joueuse.

Lâche-moi pas, on y retourne.

 

crédits réflexions : Julien Pouard, Vivien Féasson, Julien Epiphanie

crédit photo : Groume (CC BY-SA 2.0)

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12 responses to “Le style comme technique 2

  • felondra

    A nouveau une super série d’articles, toujours très remuant :)

    Juste un petit point sur la théorie. Tu dis que « la théorie ne me sert à rien (…). Elle peut m’aider à affûter mon regard, nous aider à en parler entre joueuses pour diagnostiquer des automatismes ou se conseiller des pistes à explorer dans notre propre jeu…  »

    Or, une grosse partie de ces deux articles-ci met l’accent sur l’importance de la conscientisation des habitudes, des réflexes, des codes, etc. pour pouvoir en changer.
    Donc la théorie est au contraire très utile (peut-être pas au moment de la partie mais en amont), puisqu’elle forme le regard, elle amène une perspective, une réflexion sur le geste rôliste (et la possibilité-même de penser une partie en terme de geste rôliste, de proposition créative, etc.), non?

    En tout cas j’adore toujours ton approche de joueuse qui ne veut pas « juste s’amuser » mais questionner sa pratique pour avancer. Ca fait tellement du bien à entendre comme son de cloche <3

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    • Eugénie

      Merci pour les compliments !

      Et tu fais bien de pointer la contradiction, j’avoue que je suis bien embêtée pour te répondre. Je reconnais que dire « la théorie ne sert à rien » c’était un peu exagéré.

      Je suis néanmoins persuadée que ce n’est pas en lisant un blog (même un blog particulièrement brillant tenu par une fille formidable, n’est-ce pas) qu’on fait évoluer son jeu de joueuse. C’est en jouant. La réflexion intellectuelle peut éventuellement m’aider à me formuler des questions, mais je pense que c’est seulement en jeu qu’elles prennent du sens (même en terme de prise de conscience), et c’est en jouant qu’on peut y répondre.

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      • felondra

        Tout à fait d’accord sur le poids de la pratique, je rejoins complètement l’idée que du jeu de rôle, c’est avant tout des parties et des expériences « à table » (table au sens large évidemment). Mais je crois très fort à un aller-retour entre théorie et pratique, la théorie questionnant la pratique, lui permettant de s’ouvrir, de se conscientiser et d’identifier ce qui est du registre du « style » et de la « manie », ce qu’on a envie de garder parce qu’on adore faire ça et ce qu’on fait sans vraiment s’en rendre compte depuis toujours et dont, tout compte fait, on est content de se débarasser.

        Bref, vive le jeu de rôle! Et jouons plus, bon sang!

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  • Gherhartd Sildoenfein

    Je soulignerai l’importance de se ménager, de ne pas se couper de son plaisir. Essayer d’autres choses est un plaisir en soi, mais cela peut-être usant. Parfois on n’a pas trop le choix, la sortie de la zone de confort est imposée sous peine de ne pas jouer. Dans ce cas il vaut mieux retrouver un plaisir simple rapidement pour s’acclimater. La zone de confort sert aussi à s’orienter à savoir vers où aller, où se situe une prochaine étape accessible.

    Pour étendre ma zone de confort, parfois je me fixe des défis, des règles à suivre durant la partie. « Je n’intériorise pas, j’exprime tout » ou « je vais chercher les conflits interpersonnels jusqu’à la limite de ma suspension d’incrédulité » ou « je vais célébrer tout ce qui me plait dans le jeu des autres ». Parfois j’arrive à les suivre, parfois je les laisse tomber, par décision ou inconsciemment. C’est important pour moi par après de faire un bilan personnel, d’analyser a posteriori ce qui a fonctionné et pas fonctionné pour moi, pour les autres, et si possible pourquoi. Cela me place des balises pour la prochaine fois. Certains défis demandent beaucoup de séances pour être surmontés, j »essaye avec des variations. C’est ainsi que je vais tenter trois ou quatre incarnations du même personnage, différent de mes habitudes, parfois plus, jusqu’à le trouver.

    Sur la théorie, je crois qu’elle est jusqu’à présent très concentrée sur la conception de jeux et sur la conduite de partie. Il y a peu d’approche côté joueuses et c’est vraiment un manque. Mais il n’y a pas pour autant un vide total. Les articles, le contenu orienté joueuses est sans doute plus rare parce que ce sont plus les meneurs et les meneuses qui achètent des magazines, des jeux, qui se renseignent sur la toile… Ou – au moins – c’est le stéréotype. Les articles sur l’art de jouer sont moins théorisant, jargonisant, prétentieux. Ce qui n’est pas un mal, même si dans notre société cela veut souvent dire qu’ils perdent malheureusement en crédibilité, en « sérieux ». C’est complètement con, mais c’est comme cela : si c’est exprimé de manière compliquée, avec un langage austère et / ou boursouflé, c’est mieux heureusement il y a des choses comme le blog « Je ne suis pas MJ mais » (je vous le conseille, il est excellent) et bientôt « Jouer des parties de jdr » chez Lapin Marteau que j’attends avec impatience. De toutes façons, l’expérience rôliste, de la conception du jeu à la conduite de partie à la joueuse est un continuum, on y arrivera :D

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    • Eugénie

      Oui, je te rejoins sur le plaisir de jeu. Et tu as raison d’évoquer la facette interne de l’exercice de style, la façon dont on peut gérer la contrainte (que ce soit un défi perso ou une contrainte extérieure). Je n’avais pas pensé à aborder ça.

      Pour la théorie, je pense que ma réponse à felondra reprécise à peu près correctement ce que je voulais dire (ce qui n’empêche que c’est peut-être faux ou incorrect, à vous deux de me dire).

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  • mass

    La théorie c’est bien beau, mais la plupart des joueuses (pour des raisons de facilités et surtout le fait qu’au final ce n’est qu’un jeu) jouent à l’instinct, sans autre forme de réflexion que le plaisir de jouer (ce n’est pas une critique, je trouve cela même, plutôt positif) . Je trouve les articles d’Eugenie très bien, mais comme elle, je pense que l’on ne peut faire évoluer son jeu que par expérience ludique. et pour cela étrangement, ce n’est pas les jeux qui vont changer ta façon de jouer, mais les joueuses que tu vas rencontrer. Je crois plus à l’importance de la table en temps que micro-communauté, qu’à l’importance de systèmes ou de d’univers. D’ailleurs c’est pour cela que les joueurs à groupe constant (et souvent unique) n’évolue quasiment pas dans leur façon de jouer, et son rarement en demande de nouveauté ludique. Vous voulez évoluer, pour sortir de vos zones de conforts, jouez avec plein d autres joueurs.

    Aimé par 1 personne

  • Thomas B.

    Super série d’articles (et de commentaires), donc je me contenterai de plussoyer ce qui a été dit au-dessus sur l’allez-retour théorie et pratique. Si le mot « théorie » fait peur, remplace le par « réflexion » qui là marche tout aussi bien. On peut lire les réflexions d’autrui, découvrir des trucs auxquels on aurait pas penser, tenter de la mettre en pratique lors de sa prochaine partie, réfléchir seul.e après pour voir si on a aimé, comment ça c’est passé. Et mettre ou pas par écrit cette réflexion, et partager ses écrits ou pas. Là tu le fais et c’est cool, c’est bien écrit et ça risque de faire gamberger d’autres personnes.

    Donner des retours est souvent tabou en jdr à cause du côté « y a pas de public passif et on est pas là pour faire de l’art de toute façon donc qui est tu pour juger ma performance? ». Une fois qu’on a dépassé ce réflexe, le plus simple si on veut des retours c’est de les organiser un peu. Soit lors d’ateliers post-GN, genre débrief formalisé où on demande des trucs genre « cite un comportement de joueur (pas de personnage) que tu as vu pendant cette partie et que tu voudrais voir plus souvent en jdr/GN, ou qui t’as touché etc ». Soit tu demandes carrément aux gens des retours précis sur tel ou tel aspect de ton style. A voir si tu veux les prévenir avant, et les briefer un peu sur le format/ton du retour que tu aimerais avoir. Et les rassurer sur le fait que tu ne les haïras pas après et que tu ne leur imposera pas *ton* retour sur *leur* style. Bref, c’est comme les blogs sur les internets: si vous voulez du feedback demandez le, parce que soit on est trop paresseux pour l’écrire, soit on se dit que ça s’fait pas.

    Aimé par 1 personne

    • Thomas B.

      (et par performance j’entends bien performance de joueuse, pas d’actrice, Donc tout ce que tu décrivais sur le temps de parole, l’écoute, la manière de faire de propositions ou pas etc. Si ça t’intéresses, je peux demander aux autrices de Mad About the Boy leur questionnaire de debriefing qui couvre ce genre de retours aux autres participant.e.s après la partie, car il ne semble pas inclus dans le pdf de leur scénar)

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  • DaftFlo

    Cette Spéciale Obvious Eugénie n’en reste pas moins très intéressant. Je rejoins les commentaires de Felondra.

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