Les émotions 1

Triste

Bon, j’ai eu un loupé la semaine dernière, mais j’ai une excuse, j’ai passé 5 jours à me remettre de ma première partie sur hangout. Voilà ce qui arrive quand la jeune Eugénie fait ses expériences dans le monde !

Et donc pour se rattraper, elle te raconte ses vacances… Cet été j’ai eu la chance de participer à un stage d’improvisation théâtrale centré sur la sincérité et les émotions. Et par une chouette coïncidence, au même moment, plusieurs personnes m’indiquaient ce fil sur Casus no.

Je vais passer assez vite sur les réactions je suis pas là pour faire une psychanalyse (parce que bon, moi non plus), mais quelqu’un signale dans ce fil qu’on manque d’outils en jdr pour gérer les émotions quand ça déboule à la table. Du coup, je me dis que mes petits déclics estivaux ont une chance de servir à quelque chose par ici. A vous d’en juger.

Et comme j’ai déjà plaqué un peu partout en filigrane ma position quant à la gestion en commun des émotions des autres, avec un pic sur les deux billets Jouer collectif 1 et 2, je vais me concentrer sur les miennes. Et déjà, je ne sais pas vous, mais moi j’ai du boulot.

Jouer sincère

Je joue essentiellement ressentir des émotions fortes. Je ne prétends pas, à aucun moment, que c’est l’unique intérêt qu’on puisse trouver en jdr. Je ne prétends pas non plus comparer l’émotion à d’autres aspects du jdr – comme la stratégie ou l’enquête par exemple – dans lesquels d’autres joueurs trouvent un réel épanouissement et qui moi ne me touchent pas. Je dis juste que, en ce qui me concerne, je joue surtout pour être bouleversée par divers courants émotifs (l’émotion de mon personnage, la compassion pour mon personnage, le plaisir de jouer ça avec les autres, la fierté du moment créé ensemble). Quand j’arrive à éprouver toute la pelote, et c’est pas tous les jours, c’est ce que j’appelle un moment de sublime.

Au risque d’en décevoir certains, je dois prévenir que je ne compte pas forcément parler d’amour ici. Pour être honnête, j’ai un vrai problème avec la romance et l’intimité à la table. C’est une limite que je voudrais dépasser en jeu, mais pour l’instant je reste assez restreinte et carrément fragile sur ces thèmes-là.

Néanmoins, ça ne m’empêche pas de ressentir des émotions fortes en jeu. Pas plus tard que la semaine dernière, mon personnage s’est crevé un œil pour satisfaire la cruauté d’un connard qui menaçait son compagnon. En terme d’émotions, ça va, j’étais servie.

Ce qui m’importe le plus, au fond, ce n’est tant pas la nature de l’émotion, que la sincérité avec laquelle je l’éprouve et je la joue.

Sincérité n’est pas réalisme

Au vu du fil dédié sur Casus No, j’ai l’impression que parler d’émotion en jdr connote directement film-suédois-contemporain-mais-quand-même-en-noir-et-blanc. J’aimerais poser tout de suite une affirmation relativement catégorique sur ce coup-là : la sincérité n’a rien à voir avec le réalisme.

Exemple (vécu en stage) : Si une sorcière se met à transformer un mec en knacki dans un supermarché (kiss kiss Maxime G) une réaction réaliste peut être « c’est une blague ? C’est n’importe quoi, ça n’est pas possible… » ; une réaction sincère peut être « Oh non non non je ne veux pas être transformé en knacki ! ».
Les deux réactions peuvent être intéressantes à jouer, ça dépend de ce qu’on veut faire, mais la 2e sera aussi crédible que la première si elle est jouée avec sincérité.

Personnellement, je me fiche un peu du réalisme. Je peux même me passer de cohérence (cf Dragonfly motel). Mais je crois que je ne pourrais pas jouer sans sincérité. Parce que, dans mon fonctionnement, c’est la sincérité qui donne de la crédibilité et de la réalité à mon personnage. Ça ne veut pas dire que je me permets de faire n’importe quoi sous prétexte que attends je suis à fond là (je ne vais pas refaire le topo sur la connexion joueur-personnage). Mais parfois je crois que j’aurais mieux joué en laissant simplement mes personnages vivre leur vie…

Il m’est arrivé de retenir une réaction sincère de mon personnage parce que je ne voyais pas pourquoi elle aurait réagi comme ça, sur le coup. J’ai bloqué et j’ai tâtonné à la recherche du réalisme, d’une réaction qui soit cohérente, crédible. Alors qu’au fond, si la réaction qui me vient quand on annonce (par exemple) à mon personnage la mort d’un proche, c’est un rire nerveux, et bien allons-y. Rions. Goûtons le malaise, un peu. La honte de son propre manque de contrôle. Le regard des autres. Jouons tout ça. Après tout, j’ai réellement eu un fou rire nerveux à un enterrement. J’étais gamine, mais je m’en souviens encore. Et quand il est passé, je me souviens avoir fondu en larmes. A une table de jdr, je ne crois pas que cette réaction passerait pour réaliste. Pourtant, si elle est sincère, elle devient crédible.

La grosse difficulté avec la sincérité, c’est d’être à l’écoute de mes propres émotions sans pour autant être inattentive à celles des autres. J’ai beaucoup évoqué l’écoute des autres (et je n’ai pas fini de le faire) mais j’essaie aussi de percevoir ce qui monte en moi quand je joue.

Je suis un corps

Ce que m’a appris kaly la semaine dernière, lors du débrief de notre partie sur hangout, c’est que le corps réagit beaucoup plus facilement quand il n’est pas soumis à la présence et au regard des autres. Et effectivement la différence d’expérience avec le jeu irl est assez impressionnante, et je pense que son diagnostic est très juste. Spontanément, je me suis retrouvée dans des attitudes physiques que je n’aurais probablement pas osé avoir à une table (rien de foufou, tout le monde garde son calme, mais des réactions mimétiques du corps à ce que j’entendais ou jouais), et j’ai eu quelques flux et reflux d’émotions assez intenses.

A l’opposé du spectre, en GN ou en improvisation théâtrale, le corps est en jeu, il est exposé, investi et en mouvement. Contrairement au virtuel ou au jeu sur table, ce sont des activités où on est confronté directement au fait que les émotions ne sont pas une abstraction. Elles passent par le ventre. Les GNistes parlent de bleed quand il y a porosité entre leurs émotions et celles de leur personnage. Parce que mon esprit est assez capable de compartimenter entre ce qui relève de moi ou de mon pj, mais mon ventre fait écho, et lui il a du mal à faire la différence. Réellement du mal.

Si bien qu’à la table de jdr, on se retrouve dans un entre-deux entre le virtuel et le corporel : le corps n’est pas en jeu, mais il est là, et ceux des autres également. Et quelque part, ce partage de présences représente une inertie, un verni social, qui freine inconsciemment l’émotion aussi bien dans son ressenti que dans son expression.

Exprimer = ressentir et vice versa

Or, deuxième affirmation relativement catégorique : le jdr n’est pas une activité purement intellectuelle. Parfois j’aimerais mieux, parce que le corps est encombrant, parce que moi aussi j’aimerais me croire au-dessus de ces contingences viscérales, mais ça ne marche pas comme ça. C’est assez difficile à mettre en pratique, mais en gros, si je veux ressentir quelque chose de fort, il ne faut pas que je déconnecte avec ce que j’éprouve, il faut que j’en joue. Ça veut dire aller chercher l’émotion, l’exprimer et la canaliser.

Finalement, c’est à peu près aussi simple qu’un rodéo. Mais sans les clowns.

Exemple pratique (vécu en stage) : nous avions un binôme à l’autre bout de la pièce, nous nous regardions mutuellement et nous devions tomber amoureux. Quand nous sentions que l’autre était sincère, nous devions avancer d’un pas, jusqu’à se rejoindre et s’embrasser (et sans surprise, la jeune Eugénie n’a pas décollé du mur…).

S’il y a une leçon à retirer de l’expérience, outre le fait que j’ai souffert, c’est que si j’essaie de ressentir le truc avant de le projeter / l’exprimer vers l’autre, ça ne marche pas. L’émotion ne vient pas, l’autre ne perçoit aucune sincérité, bref, on reste neutres, collés au mur chacun de son côté. Au contraire, si je souris, si je rougis, si je danse d’un pied sur l’autre, si je baisse les yeux, les relève, soupire, etc. ça prend beaucoup plus facilement, aussi bien pour moi que pour l’autre joueur en face.

Révélation pour la jeune Eugénie : l’expression et le ressenti viennent en même temps. Parce que quand le corps parle, il produit de l’émotion au passage.

Le corps se souvient

En causant d’échauffement avec des instances supérieures, on m’a fait cette réflexion : « le cerveau a besoin de comprendre et se rappeler, donc d’une mise en condition ». Ce qui est vrai. Et ça marche pour le corps aussi. Et pour ce qui est de convoquer des émotions, c’est plus le corps qui devrait se rappeler, que le cerveau.

Car non, je ne convoque pas le souvenir réel de la perte d’un proche réel pour éprouver un truc quand on annonce celle d’un personnage fictif à mon personnage fictif. Mais il y a des tas de façons de convoquer une émotion proche de la tristesse :
– prendre la parole et renoncer à le faire dans la même seconde
– faire trembler sa voix
– bégayer
– déglutir entre les mots (attention, la boule dans la gorge risque de se former toute seule)
– ne pas cligner des yeux (ça c’est pour que les yeux brillent un peu) ou au contraire cligner des paupières de façon trop fréquente (=refouler des larmes)
– baisser la tête
– serrer les dents, pincer les lèvres
– laisser traîner des silences
etc. etc.

Paradoxalement, c’est pour de faux (= je reproduis mécaniquement des symptômes) mais ça produit quelque chose de vrai (= ça monte dans la gorge). Encore une fois, à condition d’être sincère. J’ai déjà joué de nombreux ratages où le sentiment ne vient pas, tout simplement parce que l’expression est maniéré, insincère, stérile. Ça n’est pas un drame. J’apprends de mes erreurs et j’y retourne.

Par exemple, je sais que dans le doute j’ai tendance à jouer des personnages qui collapsent en silence quand une charge émotionnelle leur tombe dessus. Parce que c’est plus facile pour moi d’être plutôt juste et sincère en silence (dans mon attitude et mon regard) que de m’abandonner à une réaction débridée. Autant dire que sur hangout j’ai découvert que c’était carrément pas une bonne idée. Il va falloir que j’apprenne à concentrer l’expression de l’émotion dans la voix, pour que les autres aussi puissent percevoir mon ressenti. Mais s’il y a des attitudes qui nous sont plus naturelles que d’autres au départ, c’est aussi à nous de voir quels continents nous voulons découvrir ensuite. Et travailler à faire bouger nos propres lignes, centimètre par centimètre.

crédit photo : Arwen Abenstern – KWP (CC BY 2.0)

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8 responses to “Les émotions 1

  • KamiSeiTo

    Cool, un point de divergence ! n_n

    À mon sens, cet article parle beaucoup de théâtre. De techniques qui sont importantes en théâtre, qui marchent en théâtre, mais qui à mon sens (je devrais dire : pour mon goût) produisent un effet qui n’est pas nécessairement ce que je veux ressentir et produire à la table.

    Tu parles du corps qui est là mais qui n’est pas en jeu, mais après tu donnes des techniques qui appellent clairement à mettre TON corps dans le jeu.
    Personnellement je ne procède pas comme ça, et si un joueur à la table avait une attitude trop « théâtrale », je pense que ça en bloquerait plusieurs (par théâtral, je n’entends pas du tout « en faire des tonnes » ou ce genre de choses, mais dans le sens où on a l’impression de voir une performance d’acteur (juste) autour de la table).

    C’est dur à expliquer… ^^’
    Je dirais que ma façon de faire, et donc celle qui me parle et donc que j’aime aussi voir chez les autres autour de la table, se situe « à mi-chemin » entre une posture de comédien en train de jouer entièrement un personnage, et quelqu’un qui se contenterait d’une « froide » description dépassionnée. Quelque chose de plus proche de celle des conteurs, en fait.

    Sinon, pour la discussion sur Casus NO, elle m’avait beaucoup étonné aussi. Je joue pour avoir des émotions, mais « à travers un autre ».
    Je veux pas être moi-même choqué, amoureux, apeuré ou en colère, mais je veux ressentir tout ça par empathie envers un personnage de fiction que j’incarne en même temps. La posture n’est pas la même, mais le genre de ressenti est de l’ordre de ceux que que j’ai devant un film ou un livre. J’ai l’impression que certains ne saisissaient pas cette différence. Bref… ^^’
    Ça rejoint du coup un peu ma posture « comme un conteur » que j’ai tenté d’expliquer plus haut. n_n’

    Aimé par 1 personne

    • Eugénie

      Super chouette ! Merci à toi (et à felondra) !

      Je suis partie complètement de travers avec ce billet, en déboulant direct avec des déclics personnels récents sans remettre les bases à plat. Du coup, je crois que ça donne une image assez vrillée et fausse de ce que je veux faire, parce que j’ai l’impression de me retrouver dans votre façon de voir les choses. Comme la réponse que j’ai commencé à rédiger prend beaucoup (beaucoup) de place, je vais carrément refaire un billet de précisions et reformulations. Ça me fera mes devoirs pour le week-end.

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  • felondra

    Je rejoins tout à fait KamiSeiTo sur le sujet. Je suis moi-même issu du théâtre et de l’improvisation et évidemment ,les parallèles sont nombreux avec le jeu de rôle papier-crayon…

    Mais la frontière est fine et finalement poreuse entre les deux, je trouve. En tout cas moins radicale que ce que tu essayes de mettre en place (en te contredisant finalement comme l’a pointé Kami, ce qui montre que le sujet n’est pas simple).
    Quand tu parles du corps qui est là sans être en jeu, c’est vrai la plupart du temps mais peut devenir faux sur quelques scènes précises. Je pense par exemple à une campagne pour un jeu de flic (C.O.P.S.) menée pendant un an et durant laquelle on a beaucoup fait jouer des interrogatoires en les mettant en scène: je jouais le suspect/inculpé assis sur une chaise, les PJ (qui jouent des flics) tournaient autour de moi, posaient une main, mimaient un coup (en toute sécurité bien sûr) ou s’éloignaient pour « sortir de la pièce » et discuter entre eux de la suite de l’interrogatoire.

    Je trouve que l’exemple illustre très bien mon propos: à la fois les corps sont « en jeu » (puisque debouts, bougeant, parlant « en personnage », etc.) et ne sont pas du tout « en jeu » (les coups ne sont pas donnés, on s’arrête de temps en temps pour demander un jet de dé ou dire « ok, 10 minutes plus tard, il n’a toujours rien lâché et son avocat arrive », etc.).

    Et c’est pour moi la force du jeu de rôle! Cet espace « entre les choses », qui laisse la place pour des moments forts (j’ai moi aussi eu mon lot d’émotions « réelles » à table, fortes, sincères) mais sans jamais perdre de vue le contrat, l’accord entre les joueurs: ce que l’on joue n’est pas réel et ne le sera jamais, on place les frontières, si on veut que ça s’arrête ça s’arrête. Avec un va-et-vient énorme (qui permet dans la même phrase de donner une info importante sur ce qui se passe dans le scénario et de demander quand mettre en route les pizzas pour les joueurs).

    Je connecte davantage les deux pratiques sur ce que tu exprimes dans ton texte d’accueil (sur les qualités d’acceptation, d’écoute, etc. chères à l’impro et constituant de puissantes atouts pour un joueur de jeu de rôle), d’autant que l’émotion à table peut en effrayer plus d’un (tout le monde n’a pas la formation ou la répartie naturelle pour se plonger dans une phase émotionnellement intense et certains se bloquent même quand ça arrive).

    Ceci dit, la discussion est intéressante et a le mérite de ne pas tomber dans les affres de la psychologie à deux sous…

    Je continue à lire ton blog avec intérêt :)

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  • Eugénie

    Hum. C’est pas que je voulais pas bosser, mais je me suis rendu compte qu’en essayant de repréciser ce que je voulais dire, j’avais réécrit mon billet sur la connexion-joueur personnage 2… Je me permets de vous inviter à le lire, pour peut-être mieux percevoir le terrain sur lesquels les déclics dont je parle ici se sont produits (j’aurais dû lier directement les deux billets).

    Et pour vous répondre à tous les deux :

    C’était effectivement maladroit de ma part de m’appuyer sur des exemples de stage (et donc de théâtre) pour expliciter mes propres déclics. Je me permets donc de préciser un point essentiel : la table est un espace que je considère comme dénué de théâtralité.

    Pour moi, sincérité et théâtralité sont deux aspects différents du jeu théâtral, et elles ne sont pas forcément liées entre elles. La sincérité, c’est ce qui se passe pour moi, la théâtralité c’est ce que je projette pour un public et que je déforme en amplifiant. Je peux exprimer une sincérité sans théâtralité (c’est ce que j’essaie de faire à la table). Je peux exprimer une théâtralité sans sincérité (et en général c’est un bide).

    Sur mes contradictions : le constat que mon corps est présent mais pas en jeu est une simple observation de départ (et encore, une observation toute personnelle effectuée sur un échantillon représentatif de moi-même et ma table). Partant de là, je propose une piste possible pour échapper à cette inertie qui moi me freine dans ce que je recherche.

    Je ne propose d’ailleurs pas de remettre totalement le corps en jeu, je ne le fais pas moi-même, et je n’ai pas envie de le faire. Je ne toucherai pas un joueur à la table, par exemple, je ne peux pas.

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    • felondra

      C’est marrant que tu considères la théâtralité (comme tu la définis) comme absente d’une table – pour moi, elle peut être très présente selon les cadres de jeu (dans un jeu très humoristique, qui encourage des réactions fortes/exagérées des participants, etc.) ou même la forme du moment (ça m’est arrivé, un peu en désespoir de cause il est vrai, d’être théâtral dans une prise de parole à table parce que je ne sentais pas la ressource de la « sincérité » – ou parce que mon personnage « en faisait trop »).

      Maintenant, je pense que ce dont on parle en général comme de la sincérité (dans un sens théâtral j’entends) inclut de la théâtralité parce qu’elle est projetée pour un public (les autres participants). Mais c’est un débat que je n’ai toujours pas tiré au clair moi-même pour moi-même (mes profs à l’école me font souvent le « reproche » que mon jeu est extérieur, « théâtral », que je me soucie trop du spectateur, de projeter – oui mais si y’avait pas de spectateur je ne ferais pas de théâtre ou pas comme ça, alors comment faire??)… Je n’ai pas l’impression que cette dichotomie théâtralité/sincérité soit vraiment valable, en fait.

      (Oui, c’est du débat de mots mais je le trouve important :) )

      Et pour le corps « pas en jeu », je ne serais pas aussi catégorique sur le « je ne PEUX pas (toucher un autre joueur à table) »: comme le dit bien l’article auquel tu renvoies sur la connexion joueur-personnage (de la rose des vents si je me souviens bien mais je n’en suis plus sûr), selon la proximité qu’ont les joueurs les personnages se permettront une plus grande proximité.
      Il m’est arrivé en jeu de prendre un autre joueur dans mes bras parce que nos personnages s’embrassaient (ou au contraire de lui « mettre les menottes » et de le malmener un peu), parce que je connais très bien le joueur en question. Avec des gens que je ne connais pas/peu, je ne me permettrai pas de tels « engagements corporels » ^^

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      • Eugénie

        Je crois que je comprends ce que tu veux dire, et j’ai l’impression que sur la pratique nous ne sommes pas forcément éloignés, mais c’est dans notre façon de ressentir/gérer le truc qu’on ne fonctionne pas pareil (théâtralité/sincérité ; corps en jeu ; contact physique). Merci de prendre le temps d’en discuter, en tout cas, je trouve ça super intéressant.

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  • KamiSeiTo

    Felondra vous ici, quelle surprise… ;P

    Je pense que tu n’as pas souligné le mot qu’Eugénie voulait souligner. J’ai l’impression qu’il faut lire « JE ne peux pas toucher un autre joueur ». n_n’

    Juste pour clarifier, je ne cherche pas à mettre en défaut ta manière de procéder, je voulais juste souligner un point sur lequel on semble différer (non pas qu’une façon de faire prévaille !), et essayer de comprendre ce qui me semblait une contradiction.

    Pour ce qui est de toucher ou non les gens, effectivement ça va dépendre des gens, de leur intimité, de leur aisance à ça ou pas, etc. Et la scène de commissariat décrite par Fel’ pourrait en gêner certains (dont potentiellement moi) mais j’imagine que l’ambiance à ce moment à la table permettait de rendre « évident » l’assentiment et l’aisance de chacun.

    Du coup, pour voir si je comprends bien, la piste possible dont tu parles pour échapper à l’inertie, c’est de remettre le corps dans le JdR, en jouant sur la « mémoire corporelle » pour exprimer ?

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    • Eugénie

      Pas de souci, comme je l’ai dit à Felondra, je trouve l’échange super intéressant et vos commentaires m’obligent à réfléchir un peu au sac de noeuds, pour moi c’est parfait.

      Je ne sais pas si je peux dire « remettre le corps dans le jdr », mais en gros :
      – ne pas chercher à m’abstraire de mon corps, sinon je le connais, il se resserre des chips ou sirote mon verre dès qu’un roleplay s’installe, et c’est quelque chose que je ne contrôle pas, alors même que je suis en train de jouer ;
      – l’habiter, faire gaffe à ce qui monte en terme d’émotion et jouer avec ça (et par « en jouer » j’entends aussi contrôler le truc et maintenir la distance entre mon pj et moi) ;
      – l’utiliser pour convoquer une émotion, en exprimant des « symptômes » dans mon attitude, mon regard, ma voix, ma façon de prendre la parole ou d’y renoncer, etc. L’expression n’a pas besoin d’être hyper visible, pour une fois il ne s’agit pas de jouer pour les autres, mais avant tout pour moi. ^^

      Peut-être que « prendre appui » sur mon corps plutôt que de le « traîner comme un boulet », serait une meilleure façon de présenter les choses ?

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