L’autoroute des larmes (CR)

Autoroute des larmes

Un faisceau d’indices tendent à établir que je suis une maniaque obsessionnelle d’un seul jeu, Inflorenza de Thomas Munier. Je nie en bloc. Je joue aussi à d’autres jeux, et j’aurais bien voulu en découvrir de nouveaux cet été, mais le hasard et les envies de la table ont fait qu’on a joué essentiellement à Inflorenza. Je n’y suis pour rien, je promets.

Voici le compte-rendu d’une partie jouée cet été, avec deux autres joueurs de notre table habituelle. L’ambiance est particulière, car c’est une préquelle de Millevaux. On joue dans un théâtre contemporain, avant l’apocalypse, même si l’influence de Millevaux commence à se faire sentir (Egrégore, Syndrôme de l’oubli, Emprise, etc.). Le théâtre s’intitule L’autoroute des larmes, il est inspiré de faits divers réels : dans les immenses forêts canadiennes, de jeunes indiens/autochtones disparaissent en faisant du stop, impossible de savoir s’il s’agit d’un tueur en série, de règlements de comptes, d’enlèvements ou de fugues…

Le théâtre n’avait pas été formalisé, nous n’avions que les notes de Thomas. Nous l’avons rédigé en commun à la volée juste avant de jouer. Ça a pris environ un quart d’heure.

1. Forêt : bêtes, emprise, oubli, dégénérescence
2. Route : modernité, camions, motel, resto routier, station service, isolement
3. Traditions : chamanisme, sudation, cérémonies, racines, réserve, fumées, acculturation, famille
4. Autorités : police montée, polices locales, bureau d’enquête des disparitions, aides sociales
5. Disparitions : meurtres, prédateurs, tueur en série, avertissement, panneaux, tombes, fugue, vengeance, viol
6. Misère : alcoolisme, chômage, drogue, prostitution, violence, prison

Tour préliminaire : poser un lieu et/ou un pnj

Comme c’était dans la continuité de la création du théâtre, on a machinalement brainstormé en commun et chacun a vu son idée principale étoffée et complétée par les suggestions des autres.

Un diner, « Chez Denise », dont Denise est la patronne (en cours de jeu, il s’est trouvé que le patron d’appelait Marco et nous n’avons pas évoqué Denise du tout). Avec un parking pour les camions, et une ou deux pompes à essence.

En face du Diner, de l’autre côté de la route, le Bureau des disparitions en préfabriqué, tenu par deux flics, Douglas et son partenaire (qu’on baptisera Bruce en cours de jeu). Ils sont très fiers de mentionner dans leurs rapports qu’aucune disparition n’a été constatée dans leur périmètre, ce qui tient d’avantage de l’auto-suggestion que de la réalité.

Native Joe, un black qui se revendique indien, qui chapeaute la production et la vente de drogues jusqu’à Vancouver. Il a un labo de meth dans la forêt.

On décide ensemble que ce sera l’automne, des journées de pluie et de boue.

1er tour :

Le Camionneur laisse Patricia (son camion) sur le parking et entre dans le Diner avec Valdo (sa chienne labrador). Il échange quelques banalités vaguement racistes avec le grand type derrière le comptoir, et va provoquer deux indiens qui n’avaient rien demandé, pendant que les flics font semblant de ne rien voir. Il achète néanmoins un sachet à un des indiens et va se poser devant une assiette d’oeufs au bacon.
[Route] Mon camion, c’est toute ma vie
[Traditions] Je veux goûter les saveurs locales

Le jeune Robert travaille comme homme à tout faire à la station service accolée au Diner. Personne ne le remarque jamais. Il rêve de se tirer de ce trou qui lui fait honte.
[Tradition] Je veux oublier que je suis un indien
[Disparition] Je vais disparaître et personne ne s’en rendra compte

Une indienne, très vieille et très maigre, se dresse devant Robert. C’est elle qui l’a élevée, comme elle a élevé pas mal de gamins dont personne ne s’occupe. Elle est terriblement inquiète car Lauren, une jeune indienne de l’âge de Robert, a disparu. La vieille lui fait honte et Robert se détourne d’elle. Elle entre dans le Diner et demande l’aide des flics, qui lui expliquent qu’il n’y a pas de disparition dans leur secteur. Le camionneur la fait marcher en lui racontant qu’il a pris une auto-stoppeuse qui voulait se tirer de chez elle… avant de se moquer d’elle devant les deux autres routiers présents.[Tradition] Je veux qu’on m’aide à retrouver Lauren
[Forêt] Je convaincrai la forêt de me la rendre

2e tour :

Un autre routier a orienté le Camionneur vers Native Joe pour trouver de la bonne meth. Son repère est à une dizaine de kilomètres en aval de la route. Sur place, le Camionneur échange quelques amabilités avec Malone, un lieutenant noir de Native Joe, puis avec Native Joe en personne. Celui-ci est furieux parce que Lauren, une de ses mules, a disparu avec un plein sac de meth. Il promet quelques doses gratuites au Camionneur s’il l’aide à remettre la main dessus. Le Camionneur accepte le deal, d’autant que…
[Autorités] Je sers d’indic pour les stups
Puis le Camionneur retourne garer Patricia sur le parking du Diner et y passe la nuit.

Robert se sent coupable. Lauren était comme sa sœur. Il hésite à se lancer à sa recherche pour aider la vieille…
Conflit simple, la vieille indienne s’allie à lui, ils échouent.
[Autorités] C’est le boulot des flics de retrouver Lauren
Mais finalement il laisse tomber pour aller plutôt claquer sa paie en alcool à la supérette. Premier pas vers la liberté, il se cache à l’arrière de Patricia dont la porte était mal fermée.
[Misère] Mais qu’est-ce que je fous là ?

La vieille indienne s’est tournée vers l’esprit Corbeau pour retrouver Lauren. Elle s’est purifiée dans une précaire tente à sudation et elle entre en transe. Elle voit par les yeux du Corbeau, loin au-dessus de la forêt. Puis elle voit Lauren, qui marche le long de la route, qui perd des plumes noires à chaque pas, qui s’efface petit à petit. La vieille chamane promet au Corbeau de le libérer et de ne jamais plus puiser dans sa puissance à lui s’il lui ramène Lauren.
[Misère] Je libérerai le Corbeau en échange de Lauren
Au réveil, Robert trouve une plume noire dans sa main, et le Camionneur une plume sous son essuie-glace.

3e tour :

Ça ne fait pas rigoler le Camionneur de trouver une plume sur son pare-brise, on ne touche pas à Patricia. Et si c’est pour « jeter un sort », faut pas déconner, c’est ridicule. Quand il enlève la plume, le vent l’emporte et la coince sur un autre camion du parking. En s’approchant, le Camionneur entend un coup sourd et répété, comme si quelqu’un à l’intérieur tapait contre la tôle. Il réveille le conducteur, qui dormait dans la cabine et l’informe que des indiens sont peut-être montés en douce à l’arrière. Le type n’y croit pas et va prendre son petit déjeuner au Diner.
Conflit duel pour ouvrir le camion (Le Camionneur et la vieille chamane vs Robert). Le Camionneur remporte, mais sur de la souffrance.
Le Camionneur en profite pour ouvrir discrètement le camion et il découvre une jeune indienne ligotée. Pris de panique, il referme le camion et s’éloigne.
[Misère] J’ai peur de retourner en prison
La vieille chamane se réveille de sa transe, nue. Chaque centimètre de sa peau est tatoué d’une plume stylisée. A deux endroits, il manque une plume, la peau a été arrachée et la chair est à vif.
[Forêt] Le prix à payer est plus cher que prévu
Pour Robert, [Misère] La vie c’est quand même de la merde

Avec sa poisse habituelle, Robert s’est planqué dans le seul camion qui ne part pas ce matin. Il finit par sortir, se fait alpaguer par le Camionneur, qui lui passe un savon avant de lui proposer un deal:se renseigner sur la destination du camion voisin en échange de 10 dollars. Le proprio du Diner sort et reproche à Robert d’avoir quitté son boulot au milieu de la journée la veille. Il est viré. Sortant légèrement de son inertie, Robert finit par récupérer un semblant d’info (le Routier irait vers l’est, sur 500 km) en demandant au Routier s’il peut le prendre à bord.
Sur le parking, le Camionneur lui promet 20 dollars supplémentaires s’il obtient que les flics aillent patrouiller à l’Ouest pour chercher Lauren ailleurs. Dans le préfabriqué du Bureau des disparitions, Douglas est en train de jouer aux fléchettes. Il explique à Robert qu’il n’y a pas de disparus dans le secteur, que Lauren reviendra toute seule.
Conflit simple pour savoir si les flics acceptent de bouger. Robert raye C’est le boulot des flics de retrouver Lauren (sacrifice). Ils iront, mais il ne faut pas compter sur eux pour la retrouver.
Puis Robert s’éloigne pour aller boire ses trente dollars durement gagnés. A la supérette, la caissière rosit en lui rendant sa monnaie. Elle est un peu amoureuse de lui, mais il ne s’en rend pas compte.

La vieille chamane se fait ramener dans son mobile-home par deux des gamins dont elle s’occupe. Ils lui sortent une couverture et lui servent une tisane pendant qu’elle marmonne en tremblant. Elle est rattrapée par la transe. Elle marche nue le long de la route, dans un crépuscule permanent. Dans son sillage, les silhouettes de jeunes disparus se détachent de la forêt et lui emboîtent le pas. Elle monte dans un camion dont les battants sont largement ouverts, et elle s’assoit près de Lauren, en compagnie des morts.
[Forêt] La forêt a recraché les âmes des victimes et elles ne sont pas contentes

4e tour :

Le Camionneur a calé Patricia en travers de la route, à l’est du Diner. Native Joe et Malone en renfort. Ils obligent le Routier à arrêter sa machine et à descendre. Pendant que les deux truands tiennent le Routier sous la menace de leurs armes, le Camionneur va ouvrir l’arrière du camion.
Conflit duel (Le Camionneur et La vielle chamane vs Robert) pour savoir si la fille à l’intérieur est bien Lauren.
Le Camionneur raye toutes ses phrases (sacrifice contaminé).
La Vieille raye Je libérerai le Corbeau en échange de Lauren (sacrifice contaminé).
Robert ajoute [Autorité] Je n’aurais pas dû mêler les flics à cette histoire.
Quand le Camionneur balance Lauren devant Native Joe, le Routier en profite pour se dégager et sortir un flingue. Il tire frénétiquement dans tous les sens, blessant Malone et butant le Camionneur.

Robert a toujours cette foutue plume à la main. Elle lui colle aux doigts. Il descend sa bouteille sous la pluie, boueux et désabusé. Le vent emporte la plume le long de la route et il la suit machinalement.
[Misère] Lauren ne serait pas partie si je n’étais pas une telle loque

La vieille chamane était à l’intérieur du camion, en train de consoler Lauren, quand il s’est arrêté brutalement. Quelqu’un a emporté Lauren et les âmes des disparus se sont ruées à l’extérieur et ont assailli le Routier, s’insinuant en lui par les yeux, les narines, la bouche, les oreilles pour l’étouffer. Il s’est mis à tirer dans tous les sens…
Conflit duel (La vieille chamane vs Native Joe (nouveau pj) et Robert) pour savoir si Lauren est enfin sauve, ou si les ennuis ne sont pas terminés. Native Joe l’emporte.
[Forêt] Je sais où Native Joe emmène Lauren dans la forêt
[Disparitions] Lauren va rejoindre la liste des disparus
Pour Native Joe, la chance est en train de revenir :
[Tradition] J’ai du sang chaman dans les veines
[Disparitions] Lauren va rejoindre la liste des disparus
Robert prend la souffrance [Route] La route me renvoie constamment à mon point de départ.

5e tour :

(Le nouveau pj, Native Joe, démarre avec 4 phrases) Le Routier a pris un chargeur entier dans le buffet, à bout portant, et son sang a giclé sur Native Joe de façon étrange. Les deux truands ont maquillé la scène pour faire croire à un règlement de comptes entre routiers et ont embarqué Lauren pour lui faire cracher où elle avait planqué la meth. Native Joe a fait rafler une dizaine d’indiens susceptibles d’en savoir plus sur Lauren et son embrouille.
Conflit duel contre Robert pour savoir s’il se fait embarquer par les dealers. Robert l’emporte.
[Route] Le sang du routier ne part pas, c’est mauvais présage
Robert raye Lauren ne serait pas partie si je n’étais pas une telle loque (sacrifice).
Comme dans un songe, pris par sa propre descente aux enfers, Robert longe la route sans voir le 4×4 qui passe à sa hauteur. Les deux dealers qui le dépassent renoncent à le prendre, pour ne pas ruiner la banquette arrière.

Les flics, par contre, ne sont pas jouasses d’avoir été patrouiller pour rien à l’ouest du Diner. Ils retrouvent Robert et commencent à le frapper au bord de la route. Mais devant son manque de réaction, ils renoncent et le menottent sur le plateau arrière de leur pick-up. Ils se rendent sur les lieux de la fusillade, concluent à un règlement de comptes entre routiers, et attendent l’arrivée des dépanneuses et ambulances. Quand ils rentrent au bureau, ils jettent littéralement Robert sur le parking du Diner.
[Autorités] La police se fout de mon sort

La vieille chamane s’est réveillée dans le mobile-home. Le Corbeau est parti, la connexion avec Lauren est terminée. Mais il lui reste des forces dans ce monde-ci pour aller la chercher. Elle se présente à pieds devant le labo de meth de Native Joe. Curieusement, les petites frappes chargées de monter la garde regardent ailleurs quand elle passe près d’eux. Elle finit par tomber sur Native Joe en plein délire chamanique, une vieille peau d’ours sur les épaules, les bras toujours couverts du sang séché du Routier. Il a fait attacher la dizaine de jeunes gens à des arbres, en cercle, et il les tabasse un par un pour savoir où est sa meth. La vieille se glisse près de Lauren, qui est encore hébétée et hagarde, soit par les coups qu’elle vient de prendre, soit par ce qu’elle a pu subir dans ce camion.
La vieille chamane détache Lauren et la soutient pendant qu’elles s’en vont, en lui marmonnant que tout va s’arranger, qu’elle la ramène à la maison. En arrivant près du parking, Lauren se débat un peu, refuse de rentrer. Elle se rue sur Robert, qui git dans la bouillasse et lui demande ce qu’il a fait du sac qu’elle lui a confié. En voyant la résistance de Lauren et le corps inerte de Robert sur le parking, la vieille chamane sait qu’elle n’aura pas assez de forces pour les sauver tous les deux.
Conflit simple, pour savoir lequel elle va sauver (Lauren en cas de succès). Robert s’allie. La vieille chamane raye toutes ses phrases sauf « Je convaincrai la forêt de me la rendre » (sacrifice contaminé).
La vieille chamane va ramener Lauren à la maison et elle consacrera ses dernières forces, tout son savoir et ses rituels, et le peu de temps qu’il lui reste à « sauver » Lauren.

6e tour :

Quand il apprend que Lauren vient de s’échapper sous son nez, Native Joe s’est tellement énervé sur un des jeunes attachés qu’il l’a frappé à mort. Un autre finit par lâcher qu’il a vu Lauren donner un sac à Robert, le mec de la station service, avant de disparaître. Le gang de Native Joe abandonne les jeunes indiens ligotés et se répartit dans cinq 4×4. Ils déboulent en masse sur le parking du Diner, qu’ils éclairent avec leurs barres de phares. Ils intimident Marco, le proprio, et les flics d’en face. Chacun baisse son store par prudence. Robert est assis par terre, le dos à une des pompes, en train de fumer.
Conflit duel pour savoir si Robert parle et se souvient du sac. Native Joe l’emporte et raye Mon animal totémique est l’ours (sacrifice).
Robert se souvient du sac que lui avait filé Lauren. Il l’a confié à la caissière de la supérette, et il l’a oublié. Native Joe fait défoncer la vitrine de la supérette et fouiller l’intérieur. Il finit par récupérer le stock de meth, heureusement intact. Curieusement, il a toujours ce sang séché sur les bras qui ne veut pas partir, et sans raison, sa peau d’ours tombe soudain en lambeaux.

Robert n’a aucune idée de ce à quoi il vient d’échapper. Condamné à rêver à mieux et à revenir sans cesse au même point, il reprendra son boulot à la pompe dès que Marco sera calmé et le réembauchera.

Fiches personnages :

Le Camionneur
Mon camion c’est toute ma vie (rayé)
Je veux goûter les saveurs locales (rayé)
Je sers d’indic pour les stups (rayé)
J’ai peur de retourner en prison (rayé)

Robert
Je veux oublier que je suis un indien
Je vais disparaître et personne ne s’en rendra compte
C’est le boulot des flics de retrouver Lauren (rayé)
Mais qu’est-ce que je fous là ?
La vie c’est quand même de la merde
J’aurais pas dû mêler les flics à cette histoire
Lauren ne serait pas partie si j’étais pas une telle loque (rayé)
La route me renvoie constamment à mon point de départ
La police se fout de mon sort

La vieille chamane
Je veux qu’on m’aide à retrouver Lauren (rayé)
Je convaincrai la forêt de me la rendre
Je libérerai le Corbeau en échange de Lauren (rayé)
Le prix est plus cher que prévu (rayé)
La forêt a recraché les âmes des victimes et elles ne sont pas contentes (rayé)
Lauren va rejoindre la liste des disparus (rayé)
Je sais où Native Joe emmène Lauren dans la forêt (rayé)

Native Joe
Mon animal totémique est l’ours (rayé)
Mon territoire s’étend sur plus de 100 bornes
Je veux retrouver le stock de meth de Lauren
Personne ne touche à mes mules
J’ai du sang chaman dans les veines
Lauren rejoindra la liste des disparus (rayé)
Le sangdu Routier ne part pas, c’est mauvais présage

Débrief :

Une très chouette partie. Un des joueurs et moi, nous avions déjà joué ce théâtre non formalisé avec Thomas en juin, mais dans une version d’Inflorenza sans dés (qui nous plait moins, finalement). Nous l’avons donc rejoué en version « Inflorenza Sei » (avec des D6).

En ce qui me concerne, l’inspiration pour les personnages était clairement Scalped, le comics de Jason Aaron et R.M. Guera, même si Scalped a lieu aux Etats Unis, donc dans un rapport aux cultures indiennes complètement différent. Si vous ne connaissez pas, je conseille vivement toute la série, qui est excellente jusqu’à la fin.

Note d’un joueur : il peut être intéressant d’élargir le périmètre du théâtre initial de l’autoroute des larmes à l’ensemble du continent nord-américain, de façon à jouer des rapports avec les amérindiens, la forêt, la route… plus variés. Ce théâtre confirme aussi que le système de jeu d’Influorenz peut s’adapter facilement à n’importe quel contexte en dehors de la forêt de Millevaux.

Les dés ont curieusement renforcé et accentué le destin de personnages qu’on avait prévus plutôt en demi-teinte au début (beaucoup de Forêt pour la Chamane, beaucoup de Misère pour Robert). C’est l’un des effets d’Inflorenza Sei qui se concentre sur 6 thèmes au lieu de 12.

Robert s’est retrouvé enfermé dans une descente aux enfers qui l’éloignait des autres pj. Le joueur en a éprouvé quelque difficulté, mais il a néanmoins réussi à jouer la « fatalité » dans beaucoup de conflits en utilisant ses phrases comme d’une adversité générale pour nous : « c’est le boulot des flics de retrouver Lauren », « la vie c’est quand même de la merde », etc. Sa poisse et son désespoir ont contaminé les autres instances et nous ont donné du fil à retordre, en transformant la plupart des conflits simples en duels.

Un des joueurs et moi, nous venions de jouer un Dragonfly Motel juste avant. Mine de rien, on était beaucoup plus au taquet pour investir les pnj dans les instances des autres, que ce soit pour prendre des initiatives ou juste poser une ambiance. Il y avait moins de politesse (sans être rude pour autant) et plus de spontanéité que d’habitude, de mon point de vue. Ça marchait très bien, et c’était très agréable.

Ça nous laisse ainsi plusieurs pnj un peu épais et déjà caractérisés (Lauren, Marco, Douglas, Bruce, la caissière, …) à reprendre éventuellement si on voulait jouer une autre partie dans ce théâtre.

crédit image : fusionpanda, licence cc-by-nc

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